Le concept SiVSMD révolutionne la doctrine de furtivité militaire avec des plateformes autonomes capables de passer de l’air au sous-marin et d’utiliser l’arrêt comme arme de dissimulation.
En résumé
La doctrine de furtivité militaire connaît une transformation radicale avec le concept SiVSMD (Stand-In Variable Speed Multiple-Domain). Cette approche révolutionnaire repose sur des plateformes autonomes capables de transiter entre différents milieux — aérien, surface maritime, sous-marin — tout en exploitant la vitesse variable, y compris l’arrêt complet, comme technique de réduction de signature. Face aux systèmes de défense intégrés modernes, la furtivité par réduction de signature radar ne suffit plus. Le SiVSMD propose des trajectoires discontinues où un drone peut voler, se poser sur l’eau, plonger en profondeur puis ressurgir pour frapper. Cette multiplicité de domaines et de vitesses génère une confusion sans précédent pour les défenses adverses, qui doivent désormais surveiller simultanément le ciel, la surface et les fonds marins avec des capteurs radar, acoustiques, infrarouges et magnétiques. Cette doctrine marque le passage d’une furtivité passive à une furtivité active par l’imprévisibilité.
La fin de la furtivité traditionnelle face aux défenses modernes
La doctrine de furtivité militaire a longtemps reposé sur un principe simple : réduire la signature radar d’une plateforme pour échapper à la détection. Les avions de cinquième génération comme le F-22 Raptor et le F-35 Lightning II incarnent cette approche, avec leurs formes angulaires et leurs revêtements absorbant les ondes radar. Le F-35, par exemple, possède une section équivalente radar (SER) estimée entre 0,001 et 0,005 mètre carré, soit celle d’une balle de golf.
Cette stratégie rencontre aujourd’hui ses limites. Les systèmes de défense aérienne intégrés modernes, comme le S-400 russe ou le HQ-9 chinois, combinent plusieurs types de radars opérant sur différentes fréquences. Les radars basse fréquence en bande VHF peuvent détecter les avions furtifs à des distances supérieures à 350 kilomètres, même si la précision reste insuffisante pour un guidage de missile. Cette situation crée un paradoxe : la furtivité traditionnelle ne garantit plus l’invisibilité complète.
Les coûts astronomiques de ces plateformes posent également problème. Le programme F-35 a dépassé les 1 700 milliards de dollars sur l’ensemble de son cycle de vie. Pour un seul appareil abattu, l’adversaire inflige une perte de plusieurs centaines de millions de dollars. Cette asymétrie économique favorise les systèmes de défense, dont le coût unitaire reste bien inférieur.
Le concept SiVSMD : une furtivité par l’obfuscation et la multiplicité
Le concept SiVSMD (Stand-In Variable Speed Multiple-Domain) propose une rupture doctrinale. Développé par Theodoros G. Kostis et publié dans le Joint Force Quarterly en 2025, ce modèle abandonne la furtivité passive au profit d’une furtivité active basée sur l’obfuscation. L’idée centrale est simple : au lieu de réduire uniquement la signature, on multiplie les sources d’incertitude pour submerger les capacités cognitives et techniques de l’adversaire.
Cette doctrine repose sur trois piliers fondamentaux. Premier pilier : l’utilisation de plateformes autonomes miniaturisées et peu coûteuses, typiquement des drones capables d’opérer dans plusieurs domaines. Ces systèmes, dont le coût unitaire se situe entre 50 000 et 500 000 dollars, peuvent être déployés en grand nombre sans risquer des pertes financières catastrophiques.
Deuxième pilier : l’exploitation de la vitesse variable comme outil tactique. Contrairement aux avions furtifs traditionnels qui privilégient la vitesse élevée pour traverser rapidement les zones dangereuses, le SiVSMD intègre des phases de vitesse lente, voire d’arrêt complet. Un drone peut ainsi voler rapidement vers sa zone d’opération, puis ralentir drastiquement ou se poser sur l’eau pour réduire sa signature thermique et acoustique.
Troisième pilier : les transitions multi-domaines. Une plateforme amphibie peut décoller, voler à basse altitude en mode “sea-skimming”, se poser sur l’eau, puis plonger en mode sous-marin avant de ressurgir pour l’attaque finale. Cette capacité à changer de milieu rend la trajectoire fondamentalement imprévisible.
Les trajectoires discontinues : de l’air à l’eau et retour
Le principe des trajectoires multi-domaines représente l’innovation la plus disruptive du SiVSMD. Les plateformes hybrides air-eau, également appelées HAUV (Hybrid Aerial Underwater Vehicles), sont déjà opérationnelles sous forme de prototypes avancés.
Le drone chinois Feiyi, dévoilé récemment, illustre ces capacités. Équipé d’un système de propulsion double — quatre rotors pour le vol aérien et quatre propulseurs pour la navigation sous-marine — il peut transiter entre les milieux avec une précision d’altitude de ±0,1 mètre. Ses bras pliables réduisent la traînée sous l’eau et améliorent la furtivité. Le système de contrôle ADRC (Active Disturbance Rejection Control) compense les perturbations environnementales lors des transitions air-eau.
Le drone Naviator, développé par l’université Rutgers et commercialisé par SubUAS, a démontré des capacités similaires dès 2020. Ce système peut voler à 100 kilomètres par heure dans l’air et atteindre 4 nœuds (environ 7,4 kilomètres par heure) sous l’eau. Sa transition du vol à la plongée s’effectue en quelques secondes.
Ces plateformes exploitent un principe tactique fondamental : chaque changement de domaine impose à l’adversaire de basculer vers un ensemble de capteurs différents. Un radar aérien ne détecte pas un objet submergé. Un sonar sous-marin ne peut suivre un drone qui vole. Cette discontinuité crée des angles morts systémiques.
L’arrêt comme technique de furtivité avancée
L’utilisation de la vitesse nulle ou très faible constitue une innovation contre-intuitive. Dans la doctrine traditionnelle, la vitesse protège : un avion rapide traverse rapidement les zones de défense, réduisant son temps d’exposition. Le SiVSMD inverse cette logique.
Un drone qui se pose sur l’eau ou qui vole à vitesse très réduite — moins de 10 kilomètres par heure — génère une signature thermique minimale. Les moteurs électriques modernes, utilisés dans les drones amphibies, produisent peu de chaleur en mode économie d’énergie. La signature infrarouge devient comparable à celle de débris flottants ou d’oiseaux marins.
L’arrêt complet offre également un avantage acoustique décisif. Un drone posé sur l’eau, moteurs coupés, devient pratiquement indétectable par sonar actif. Sa signature acoustique se confond avec le bruit de fond océanique, qui varie typiquement entre 40 et 90 décibels selon les conditions météorologiques.
Les munitions rôdeuses modernes exploitent déjà ce principe. Le système Viper de SpearUAV, par exemple, peut maintenir un vol stationnaire prolongé pour observer une zone urbaine étage par étage avant de frapper. Sa capacité à rester immobile lui permet d’identifier précisément sa cible tout en restant quasi-silencieux.
Cette approche génère également une confusion temporelle pour l’adversaire. Les systèmes de détection modernes utilisent des filtres Doppler pour isoler les cibles mobiles du bruit de fond. Un objet stationnaire ou très lent échappe à ces filtres, devenant invisible pour de nombreux radars optimisés pour détecter des cibles rapides.
Le diagramme doctrinal : trois générations de furtivité
Le document source de Kostis présente un schéma illustrant trois approches distinctes de la furtivité militaire. Cette typologie permet de comprendre l’évolution conceptuelle.
L’approche A représente la furtivité environnementale classique. Elle repose sur l’exploitation du terrain et des caractéristiques naturelles : vol en rase-mottes (terrain-following), navigation au ras des vagues (sea-skimming). Les missiles de croisière Tomahawk utilisent cette technique, volant à 15-50 mètres d’altitude pour rester sous l’horizon radar. Cette méthode fonctionne, mais reste limitée géographiquement.
L’approche B incarne la furtivité de cinquième génération avec la tactique “shoot-and-scoot”. Un avion furtif tire ses missiles à distance maximale — jusqu’à 180 kilomètres pour un AGM-158 JASSM — puis se retire rapidement. Cette stratégie minimise l’exposition, mais requiert des plateformes extrêmement coûteuses et reste vulnérable aux radars basse fréquence.
L’approche C — le SiVSMD — introduit les trajectoires multi-domaines discontinues. Une plateforme peut combiner plusieurs techniques : vol ras de l’eau, plongée sous-marine, arrêt tactique, puis émergence rapide pour l’attaque. Cette imprévisibilité constitue une forme de furtivité supérieure à la simple réduction de signature.
Les défis pour les systèmes de défense adverses
Le SiVSMD impose des exigences radicalement nouvelles aux défenses. Un système de défense aérienne intégré traditionnel, aussi sophistiqué soit-il, ne surveille pas simultanément les profondeurs océaniques. Cette segmentation crée des vulnérabilités structurelles.
La défense doit désormais intégrer plusieurs types de capteurs. Les radars aériens en bande X détectent les menaces à haute altitude. Les radars de surveillance maritime en bande L surveillent la surface. Les sonars passifs et actifs scrutent les profondeurs. Chaque domaine requiert des technologies différentes, des formations spécialisées et des centres de commandement distincts.
La fusion de ces données hétérogènes pose un défi computationnel majeur. Un système de défense moderne doit corréler en temps réel des informations provenant de dizaines, voire de centaines de capteurs. L’algorithme doit distinguer un drone amphibie d’un dauphin, un micro-drone d’un oiseau migrateur, une signature thermique anormale d’un phénomène océanographique naturel.
Les systèmes anti-essaim émergent comme réponse partielle. Le projet RapidDestroyer, développé par plusieurs pays européens, vise à neutraliser des groupes de drones en utilisant des armes à énergie dirigée — lasers de 10-100 kilowatts capables de détruire plusieurs cibles par minute. Mais ces systèmes restent inefficaces contre des menaces submergées.
Les véhicules sous-marins autonomes (UUV) représentent une menace particulièrement complexe. Le Manta Ray de Northrop Grumman, développé pour la DARPA, peut rester immergé plusieurs semaines en mode autonome. Sa détection requiert des réseaux de sonars fixes installés sur les fonds marins, dont le déploiement et la maintenance coûtent des centaines de millions de dollars.
Les plateformes hybrides : technologies et performances actuelles
Plusieurs programmes démontrent la viabilité technique du concept SiVSMD. Le drone AVATAAR, développé par AquaAirX en Inde, peut patrouiller 7 500 kilomètres de côtes en transitant entre vol aérien et plongée sous-marine. Son système intègre des capteurs sonar pour la détection de sous-marins miniatures et de nageurs de combat dans les eaux littorales.
Le programme américain de véhicules autonomes multi-domaines progresse rapidement. Lors d’exercices menés en 2024 dans le détroit de Luçon, des drones amphibies ont démontré leur capacité à maintenir une surveillance continue pendant plusieurs jours en alternant vol, flottaison et plongée. Ces systèmes transmettaient des données de renseignement en quasi-temps réel aux forces spéciales déployées.
Les capacités d’endurance s’améliorent. Les drones à voilure tournante comme le Feiyi chinois affichent 45 minutes d’autonomie aérienne et jusqu’à 2 heures sous l’eau à vitesse réduite. Les modèles à voilure fixe, comme le Dipper développé en Suisse, peuvent voler plusieurs heures avant de plonger pour une mission sous-marine de 30-60 minutes.
L’intégration de l’intelligence artificielle amplifie ces capacités. Les algorithmes de reconnaissance visuelle permettent à ces drones d’identifier autonomement leurs cibles. Les systèmes de navigation inertielle combinés au GPS maintiennent une précision de positionnement même après des transitions multi-domaines répétées.
Les implications pour la détection et la contre-détection
Le déploiement opérationnel de systèmes SiVSMD transforme fondamentalement l’équilibre détection-contre-détection. Les capteurs traditionnels deviennent partiellement obsolètes.
Les radars Doppler, optimisés pour détecter des cibles rapides, peinent à repérer des drones en vol stationnaire ou à vitesse réduite. Les filtres éliminent automatiquement les signaux correspondant à des vitesses inférieures à 20-30 kilomètres par heure, considérés comme du bruit. Cette caractéristique technique crée une fenêtre d’invisibilité exploitable.
Les capteurs infrarouges rencontrent des difficultés similaires. Un drone dont les moteurs électriques fonctionnent en mode économie génère une signature thermique de quelques watts seulement. Cette émission se confond avec les variations naturelles de température océanique, typiquement de 0,5 à 2 degrés Celsius entre différentes masses d’eau.
Les systèmes magnétométriques, qui détectent les anomalies du champ magnétique terrestre causées par les structures métalliques, offrent une solution partielle. La Chine aurait développé un magnétomètre quantique aéroporté, surnommé “l’étoile de la mort des sous-marins”, capable de détecter des anomalies magnétiques jusqu’à 6 kilomètres de distance. Ces systèmes restent toutefois sensibles aux perturbations naturelles et coûteux à déployer.
La réponse défensive la plus prometteuse réside dans les réseaux de capteurs distribués. Le programme Atlantic Bastion de la Royal Navy britannique vise à créer un maillage de surveillance couvrant l’Atlantique Nord. Ce réseau intégrera des frégates Type 26, des drones de surface et sous-marins, des avions de patrouille maritime et des capteurs fixes immergés. Le coût estimé dépasse 5 milliards de livres sterling.
L’autonomie et l’intelligence artificielle comme multiplicateurs de force
L’autonomie constitue un facteur déterminant pour l’efficacité du SiVSMD. Une plateforme capable de prendre des décisions tactiques sans liaison constante avec un opérateur humain gagne en résilience et en imprévisibilité.
Les algorithmes de navigation autonome modernes permettent à un drone de planifier sa trajectoire en évitant les zones de détection probables. Le système analyse la topographie sous-marine, les courants marins, les routes maritimes commerciales et les positions connues des radars adverses pour calculer un itinéraire optimal. Cette planification s’effectue en quelques secondes grâce à des processeurs embarqués d’une puissance de calcul de 20-50 téraflops.
La reconnaissance de cibles par intelligence artificielle élimine le besoin de transmission vidéo continue, qui constitue une source majeure de détection. Un drone peut identifier autonomement un navire militaire spécifique en comparant sa silhouette, ses émissions radar et ses caractéristiques acoustiques avec une base de données embarquée. La transmission de données se limite alors à de brefs messages codés de quelques centaines d’octets.
Les essaims autonomes représentent l’évolution ultime de ce concept. Plusieurs drones coordonnent leurs actions sans commandement centralisé, chaque unité communiquant avec ses voisins immédiats. La destruction d’un ou plusieurs éléments n’affecte pas la capacité opérationnelle de l’ensemble. Cette redondance distribuée rend ces systèmes extrêmement difficiles à neutraliser.

Les munitions rôdeuses : l’application tactique immédiate
Les munitions rôdeuses (loitering munitions) constituent l’application la plus mature du principe de vitesse variable. Ces systèmes peuvent patrouiller pendant des heures à vitesse réduite avant d’accélérer brutalement vers leur cible.
Le système SpyX de Bluebird peut rôder jusqu’à 2 heures avec une autonomie de communication de 50 kilomètres. En mode patrouille, il vole à 40-60 kilomètres par heure pour économiser l’énergie. Lors de l’attaque, il accélère jusqu’à 250 kilomètres par heure, ne laissant à la cible que quelques secondes pour réagir. Cette dualité vitesse lente-vitesse élevée optimise à la fois l’endurance et la létalité.
Les drones ukrainiens TLK-150, utilisés avec succès en mer Noire, intègrent des capacités sous-marines. Longs de 2,5 mètres, ils peuvent transporter 150 kilogrammes d’explosifs sur une distance de 2 000 kilomètres. Leur mode de déplacement alterne surface et plongée peu profonde, rendant leur détection particulièrement ardue. En décembre 2025, l’Ukraine revendiquait avoir frappé un sous-marin russe au port de Novorossiysk avec ce type de système.
Le coût de ces munitions — typiquement entre 10 000 et 100 000 dollars l’unité — permet un déploiement massif. Face à un système de défense valorisé à plusieurs milliards de dollars, l’adversaire peut saturer la zone avec des centaines de munitions rôdeuses, forçant une allocation inefficiente des ressources défensives.
Les sous-marins de cinquième génération et le multi-domaine
Les sous-marins évoluent également vers le paradigme multi-domaine. Le sous-marin A26 de Saab, présenté comme le premier sous-marin de cinquième génération, intègre des capacités de déploiement de drones aériens et sous-marins.
Ce sous-marin peut lancer des véhicules sous-marins autonomes (UUV) pour étendre sa portée de détection. Simultanément, il peut déployer des drones aériens via un sas pressurisé, permettant une surveillance au-dessus de la surface sans révéler sa position. Cette capacité transforme le sous-marin en plateforme de commandement multi-domaine.
Le système de propulsion Stirling à indépendance de l’air permet à l’A26 de rester immergé pendant plusieurs semaines. La signature acoustique est inférieure à 100 décibels à 1 mètre, comparable au bruit de fond océanique ambiant. Cette discrétion, combinée aux drones déployables, crée une bulle de surveillance de plusieurs centaines de kilomètres carrés centrée sur une plateforme indétectable.
Les sous-marins russes de classe Borei et les modèles chinois Type 039C intègrent également des technologies de signature réduite. Les coques angulaires, inspirées des avions furtifs, réduisent les réflexions sonar. Les revêtements composites à structure interne complexe absorbent les ondes acoustiques actives.
L’avenir de la guerre multi-domaine
Le concept SiVSMD annonce une transformation profonde de la manière dont les forces militaires concevront les opérations offensives. La supériorité ne dépendra plus uniquement de la qualité technologique des plateformes individuelles, mais de la capacité à orchestrer des opérations complexes impliquant des dizaines ou des centaines de systèmes autonomes opérant dans plusieurs domaines simultanément.
Les exercices militaires récents illustrent cette évolution. En 2024, l’US Navy a testé un scénario où des drones amphibies établissaient une couverture de surveillance continue autour d’un groupe aéronaval. Ces drones alternaient vol aérien, positionnement en surface et plongée sous-marine selon les conditions tactiques. Le système générait une image opérationnelle continue sans exposer de plateforme coûteuse aux risques adverses.
Les coûts de développement restent significatifs mais bien inférieurs aux programmes traditionnels. Le développement d’un drone amphibie avancé requiert typiquement 50-200 millions de dollars sur 3-5 ans, contre 10-20 milliards pour un programme d’avion furtif. Cette asymétrie économique favorise la prolifération rapide de ces technologies.
L’intelligence artificielle continuera d’amplifier ces capacités. Les algorithmes de planification de mission deviennent capables d’optimiser automatiquement les trajectoires multi-domaines en fonction des menaces détectées. La coordination d’essaims de plusieurs centaines d’unités devient réalisable sans intervention humaine continue.
Les implications stratégiques dépassent le cadre purement militaire. Un adversaire disposant de capacités SiVSMD matures peut menacer des infrastructures critiques — câbles sous-marins, plateformes pétrolières, ports commerciaux — sans exposer de forces conventionnelles majeures. Cette capacité redéfinit les calculs de dissuasion et d’escalade.
La course technologique s’intensifie. La Chine investit massivement dans les drones amphibies et les systèmes autonomes multi-domaines. Les États-Unis accélèrent leurs programmes via la DARPA et les branches des forces armées. L’Europe développe ses propres solutions à travers des consortiums industriels multinationaux. Cette compétition façonnera l’équilibre stratégique des prochaines décennies.
Le concept SiVSMD représente ainsi bien plus qu’une innovation tactique. Il incarne une révolution doctrinale où la furtivité ne se mesure plus uniquement en mètres carrés de section équivalente radar, mais en capacité à générer l’incertitude, la confusion et l’imprévisibilité dans l’esprit et les systèmes de l’adversaire.
Sources
The Future of Stealth Military Doctrine – Theodoros G. Kostis, Joint Force Quarterly, 2025
Silent waters, smart war: how AI is reshaping anti-submarine warfare – Navy Lookout, 2025
Future Submarine Concepts and technologies: Diving into Tomorrow’s Undersea Warfare – International Defense Security & Technology
Atlantic Bastion: The Future of Anti-Submarine Warfare – Foreign Policy Research Institute, 2025
World’s first 5th-gen submarine promises stealth ops, drone delivery – Interesting Engineering, 2025
Hybrid Theory: Multi-Domain Unmanned Systems are Blurring Maritime Boundaries – Marine Technology News, 2025
Review of hybrid aerial underwater vehicle: Cross-domain mobility and transitions control – ScienceDirect, 2022
Feiyi: China’s Revolutionary Air-Water Amphibious Drone with Dual-Mode Technology – Army Recognition, 2025
Unmanned Aerial Underwater Vehicles: Research Progress and Prospects – MDPI, 2025
Design and development of autonomous amphibious unmanned aerial vehicle – Canadian Science Publishing
Submarine Stealth Vs. AI, Drones, and Sensor Networks – IEEE Spectrum, 2024
Stealth Submarines: The Next Evolution of Submarine Design – Global Defense Insight, 2024
Unmanned underwater vehicle – Wikipedia
AquaAirX AI enabled Amphibious drones and underwater drones
Loitering munition – Wikipedia
How Commercial Drones Are Redefining Loitering Munitions – Elsight, 2025
Avion-Chasse.fr est un site d’information indépendant.