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La France s’équipe en drones

Les drones deviennent partie intégrante du futur de l’aviation militaire, et la France s’équipe pour se positionner comme un utilisateur majeur. En effet, la Direction générale de l’armement (DGA) a commandé début décembre un quatrième système de drones MALE (moyenne altitude, longue endurance) de type Reaper. Sa livraison interviendra en 2019 conformément à la Loi de programmation militaire 2014-2019, qui prévoyait que l’armée de l’air disposerait en 2019 de quatre systèmes complets, comprenant chacun trois drones. « La commande de ce quatrième système de drones Reaper permet donc de répondre aux objectifs de cette LPM », a assuré mardi un communiqué du ministère de la Défense. Le troisième système a été commandé en 2016 . « En ce qui concerne les drones, nous avons toujours en perspective quatorze vecteurs Patroller – système de drone tactique – et douze Reaper. Le dernier Reaper sera livré avant la fin de la LPM, dans un standard moderne permettant de voler facilement sur la France », avait affirmé en octobre à l’Assemblée nationale le délégué général pour l’armement, Laurent Collet-Billon. Fabriqué par le constructeur américain General Atomics, le drone MALE Reaper, qui succède aux Harfang, dits intérimaires (SIDM), a fait la preuve d’excellentes performances en termes de qualité de détection et d’identification, de qualité d’image, de disponibilité technique, de vitesse ou d’autonomie, gage d’une plus grande présence sur zone, selon le ministère de la Défense. Après presque deux ans d’emploi par l’armée française, il présentait fin décembre 2015 « un bilan opérationnel très positif’ et répondait « à l’accroissement du besoin de surveillance de la bande sahélo-saharienne ». Au 31 mai 2016, le système Reaper avait réalisé de l’ordre de 10.000 heures de vol depuis sa mise en service, en présentant une excellente disponibilité. Ainsi, le taux de disponibilité des drones Reaper s’élevait à 86,30% en 2014 et 86,40% en 2015. « Les opérations menées confirment les meilleures performances opérationnelles de ce système par rapport à celles du SIDM, notamment sur le plan de la durée de mission utile sur zone, du fait d’une vitesse de vol plus élevée et d’une plus grande autonomie et de la précision des capteurs », a souligné le député Les Républicains, Christophe Guilloteau dans son avis sur le projet de loi de finances pour 2017. Le deuxième système a quant à lui été réceptionné par la DGA. Deux drones ont été livrés le 31 décembre à Niamey. Le troisième drone rejoindra prochainement la base aérienne de Cognac où il sera utilisé notamment pour l’entraînement des personnels de l’escadron 1/33 Belfort, qui met en œuvre les drones MALE. En parallèle, une capacité de simulation doit être livrée mi-2017 à Cognac. « Elle permettra de disposer de l’autonomie de formation nécessaire à la montée en puissance de cette capacité indispensable aux opérations », avait expliqué en octobre à l’Assemblée nationale le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général André Lanata. « En fin d’année, sur le plan capacitaire, nous attendons la livraison d’un deuxième système Reaper, composé de trois appareils, avec un vecteur et deux stations au sol à Cognac et deux vecteurs à Niamey, avait également souligné le général André Lanata. Je reste attentif à la commande du quatrième d’ici la fin de l’année si nous voulons tenir les objectifs de la LPM. Les livraisons associées sont prévues en 2019 ». Dès l’arrivée du deuxième système de drones Reaper, l’armée de l’air et la DGA conduiront une campagne d’essais « pour valider l’aérotransport du système Reaper à bord des avions de transport de l’armée de l’air, principalement l’A400M, ainsi que les conditions techniques de son utilisation dans l’environnement électromagnétique de la base de Cognac et du territoire métropolitain », a précisé le ministère de la Défense. Depuis l’arrivée du drone Reaper au sein de l’armée française, cette dernière ne peut plus vraiment s’en passer. Notamment les forces spéciales. « Les forces spéciales consomment 80 % des heures de potentiel Reaper et le besoin ne cesse de croître. (…) Depuis 2013, où les capacités en la matière se résumaient à deux systèmes de drone MALE Harfang largement utilisés en Afghanistan, un saut considérable a été accompli avec l’entrée en service du MQ9 Reaper », a précisé en juin à l’Assemblée nationale le commandant des opérations spéciales, le général Grégoire de Saint-Quentin. « En plus d’être des outils de cohérence interarmées, ces moyens constituent de véritables démultiplicateurs d’efficacité et une technologie de rupture en opération », avait constaté le commandant des forces spéciales. Le drone tactique Patroller, en arrivant en opération fin 2018, début 2019, permettra « de soulager le Reaper qui est un drone MALE de surveillance et non pas un drone tactique d’appui direct aux opérations, avait expliqué en février à l’Assemblée nationale le directeur de la Section technique de l’armée de terre, le général Charles Beaudouin. Le Reaper fait les deux en ce moment car c’est le seul drone sur les théâtres d’opération. Ce n’est pas forcément le travail du Reaper, si tant est que l’on dispose d’un drone tactique sur le théâtre d’opération ». Les drones MALE sont des outils essentiels dans les zones de conflit moderne, offrant une capacité majeure en termes de connaissance et d’anticipation. Ils sont capables d’assurer des missions de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et de désignation d’objectifs en opérant, grâce à leur endurance, sur de larges zones, à grandes distances et sur de longues durées. Ce type de drone « doit surveiller toutes les frontières, les grands espaces, et il vole pendant très longtemps, avait confirmé le général Charles Beaudouin. Le Reaper a donc de beaux jours devant lui à moins de projeter le système de drone tactique intérimaire (SDTI) ». Actuellement, les Reaper français remplissent des missions de surveillance, de reconnaissance et de désignation d’objectifs dans la zone sahélo-saharienne depuis la base de Niamey au Niger. « Les opérations récentes ont largement démontré l’intérêt pour la France de disposer de drones de renseignement pour conduire ses missions, protéger ses militaires, les aider à contrôler de vastes espaces et parer d’éventuelles attaques ennemies », avait expliqué en décembre 2015 le ministère de la Défense.

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