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La Belgique veut-elle du Rafale ?

La Belgique a lancé le 17 mars dernier une procédure d’achat pour 34 avions de combat en vue de remplacer ses vieux 54 F-16 (Lockheed Martin) à l’horizon 2023-2028 : un marché estimé à 3,6 milliards d’euros. Les autorités belges estiment le coût de l’acquisition à 3,57 milliards d’euros, ce à quoi il faut ajouter 1,2 milliard pour des activités annexes (comme l’entretien ou la formation des techniciens et pilotes). Sur les 40 ans de vie évaluée pour ces futurs avions de chasse, la facture devrait atteindre les 14,9 milliards d’euros. Face au F-35 de Lockheed Martin, la France a très peu de chance de remporter le contrat de renouvellement. Bien que pays membre de l’Union européenne et cœur de l’Europe, la Belgique devrait choisir le F-35 parce qu’un critère déterminant serait inscrit dans le cahier des charges pour le remplacement des F-16, qui n’a pas été précisé dans les documents publics : la capacité d’emporter une bombe nucléaire de fabrication américaine. La Belgique assume cette mission depuis des décennies, mais le nombre s’est réduit à une seule: celle confiée aux F-16 stationnés à Kleine-Brogel (F-16A), qui sont capables d’emporter et de larguer une bombe nucléaire américaine B-61.

Seul le F-35 sera capable d’assurer la mission d’attaque nucléaire en emportant une bombe à gravitation américaine de type B-61. Il est conçu comme étant à double capacité (conventionnelle et nucléaire) et devrait donc pouvoir emporter une bombe B-61 à partir de 2022. Ce qui n’est pas le cas pour les autres prétendants au marché belge, à l’exception toutefois du Rafale. Pas sûr pour autant que Washington partage les codes de mise à feu et de largage des B-61. Et donc autorise le Rafale à porter la bombe B-61… Qui plus est, l’armée de l’air belge est proche de celle de son voisin néerlandais, qui a déjà acheté 37 F-35. En 1975, Bruxelles avait déjà choisi le F-16A/B de Lockheed Martin au détriment du Mirage F1. La Belgique se ralliait de cette manière au choix des Pays-Bas, de la Norvège et du Danemark et signait un chèque à Lockheed Martin pour 116 F-16. Ces quatre pays de l’OTAN avaient décidé de faire un choix commun pour leur futur avion de combat. En 1983, Bruxelles avait réitéré en signant un nouveau chèque à Lockheed Martin pour l’achat de 44 F-16 supplémentaires. La Belgique devrait être naturellement tentée de reformer le « club des quatre ». La Haye, Oslo et Copenhague ont par ailleurs déjà choisi le F-35 au détriment d’un avion européen.

Pour autant, la France a décidé de jouer son va-tout et de changer de tactique pour l’occasion : elle joue en effet désormais la carte politique. Paris a en fait sorti la seule carte qui puisse faire hésiter Bruxelles, en proposant une partenariat stratégique avec la France dans le cadre de l’Europe de la défense. La France propose un « partenariat structurant », qui pourrait prendre la forme d’un accord intergouvernemental. Paris et Bruxelles ont déjà conclu un partenariat en juin dans le secteur des blindés, prévoyant l’acquisition de près de 500 véhicules de combat français par l’armée belge et une coopération dans les domaines de la formation, l’entraînement et l’entretien.

Les chances que ce contrat aboutit sont faibles. Mais l’on peut saluer la ténacité française dans un combat aussi difficile.

Photo: christophe courteville

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