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Le Rafale se vend (enfin)

Vingt-sept ans de réflexion.  C’est le nombre d’années qu’il aura fallu au Rafale pour trouver un acquéreur étranger. Mais baste, ne boudons pas notre plaisir. Surtout que le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian s’est rendu ce lundi au Caire pour la signature du contrat avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.
Le package offert aux Égyptiens comporte 24 chasseurs Rafale, une frégate multimissions (initialement destinée à la Marine nationale), et des lots de missiles construits par MBDA. La facture s’élèverait à 5,3 milliards d’euros dont la moitié est garantie par la Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur). Le reste a été levé par les Égyptiens auprès de banques.
Depuis le premier vol du Rafale en 1986, son constructeur Dassault n’avait cessé d’essuyer les échecs commerciaux. L’avion de chasse a été boudé en décembre 2013 par le Brésil, qui lui a préféré un modèle suédois, moins cher. Mais le Brésil est loin d’être un cas isolé. Après les déconvenues de Suisse, du Maroc, de Corée du Sud, de Singapour, et alors que le méga-contrat indien (126 avions) ne se concrétise toujours pas, c’est finalement du Caire qu’est venue la bonne nouvelle.
Si le Rafale connaît aujourd’hui son premier succès à l’exportation, il a été éprouvé au combat depuis une paire d’années. Déployé dès 2007 en Afghanistan, le Rafale a été le premier appareil à intervenir en Libye en 2011, avant d’être engagé au Mali en 2013 dans le cadre de l’opération Serval. Neuf appareils sont actuellement engagés dans l’opération Chammal en Irak, que mène la France aux côtés de ses alliés contre l’organisation Etat islamique (EI).
L’avion de Dassault ne manque pourtant pas de qualités. Conçu dès l’origine comme un avion omnirôle, c’est-à-dire capable de remplir toutes les missions de la chasse française, le Rafale a acquis un haut degré de maturité opérationnelle depuis son entrée en service en 2004. L’appareil est qualifié pour des opérations de défense aérienne, de bombardement stratégique et d’appui au sol, de lutte anti-navires et de reconnaissance aérienne. Capable de mener différentes missions au cours d’un même vol, il est également le vecteur aéroporté de la dissuasion nucléaire française. Pourtant, son coût extrême fait qu’il a du mal à trouver acquéreur. Au-delà de cette première vente à l’Egypte, les pistes les plus prometteuses pour l’avenir semblent toutes passer par le Moyen-Orient. Le Qatar est, depuis plusieurs années, tout près de commander 36 avions au constructeur français, tandis que les Émirats arabes unis veulent remplacer leurs 60 Mirages vieillissants et pensent très fort au Rafale. En Europe, Dassault vise en priorité la Belgique qui doit renouveler en 2018 sa flotte de 54 F-14 américains. Mais c’est surtout le marché indien que la France lorgne toujours avec espoir. Il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour que la vente à l’Égypte débloque les pourparlers avec New Delhi, qui négocie depuis 2012 l’achat de 126 appareils français pour 12 milliards d’euros. Affaire à suivre…

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