La France prépare seule l’après-Rafale, à un prix vertigineux

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Après l’échec du SCAF, la France prépare un chasseur national de sixième génération. Dassault possède les compétences, mais le budget reste incertain.

En résumé

Après l’abandon du chasseur commun du SCAF par la France et l’Allemagne, Paris prépare une solution nationale pour préserver son autonomie dans l’aviation de combat. Le texte issu de la commission mixte paritaire sur l’actualisation de la programmation militaire prévoit un démonstrateur français de sixième génération à l’horizon 2035, avec la possibilité d’accueillir des partenaires. Il ne confirme toutefois ni le nom « Super Rafale », ni une configuration définitive, ni la présence formellement décidée de soutes internes. L’appareil envisagé serait en réalité une nouvelle plateforme furtive, distincte du Rafale F5, mais conçue pour exploiter ses technologies, ses armes, son cloud de combat et ses drones accompagnateurs. Le principal obstacle sera financier. Un système complet pourrait représenter plusieurs dizaines de milliards d’euros. La France devra financer simultanément l’avion, son moteur, ses capteurs, ses armements, ses drones et son infrastructure numérique.

La rupture du SCAF oblige Paris à préparer un plan national

La rupture est désormais politique autant qu’industrielle. Le 8 juin 2026, la France et l’Allemagne ont reconnu que Dassault Aviation et Airbus ne parvenaient pas à s’entendre sur la poursuite du chasseur de nouvelle génération du Système de combat aérien du futur.

Lancé en 2017, puis élargi à l’Espagne, le SCAF devait fournir vers 2040 un système complet. Son élément central était le New Generation Fighter. Celui-ci devait travailler avec des drones accompagnateurs, des capteurs distribués, des missiles et un cloud de combat.

Le désaccord ne portait pas seulement sur le partage des contrats. Il concernait la direction technique du projet, la propriété intellectuelle et le pouvoir de décision sur la conception de l’avion. Dassault refusait d’assumer la responsabilité du résultat sans disposer de l’autorité industrielle correspondante. Airbus défendait une répartition plus équilibrée entre les partenaires.

Les besoins opérationnels divergeaient également. La France exige un appareil capable de participer à la dissuasion nucléaire et d’opérer depuis le futur porte-avions PA-Ng. L’Allemagne n’a aucune exigence aéronavale. Elle assure une mission nucléaire dans le cadre de l’OTAN, mais avec des armes américaines. L’Espagne poursuit encore d’autres priorités.

Ces différences n’étaient pas secondaires. Elles affectaient la masse de l’avion, son train d’atterrissage, sa structure, sa motorisation, son rayon d’action et ses armements. Elles rendaient la recherche d’un compromis de plus en plus artificielle.

La stratégie nationale reste moins arrêtée qu’il n’y paraît

Il serait prématuré d’affirmer que la France a déjà lancé un « Super Rafale » furtif prêt à entrer en développement.

Le texte issu de la commission mixte paritaire sur l’actualisation de la Loi de programmation militaire prévoit la réalisation, d’ici 2035, d’un démonstrateur national de sixième génération. Il mentionne aussi la possibilité de partenariats. Au 28 juin 2026, ce texte doit encore être soumis au vote final du Parlement.

Cette rédaction établit une orientation. Elle ne constitue pas encore un contrat de développement complet. Elle ne définit ni la masse de l’avion, ni sa vitesse, ni son moteur, ni son architecture électronique, ni le nombre d’appareils à commander.

Aucune annonce officielle de Dassault Aviation ne présente non plus un programme baptisé « Super Rafale ». Cette expression est surtout utilisée par les médias et les commentateurs pour désigner une solution française située entre le Rafale F5 et l’ancien NGF du SCAF.

La nuance est essentielle. Paris ne commande pas encore un avion opérationnel. Il cherche d’abord à préserver les compétences nécessaires pour être capable d’en construire un.

Le démonstrateur doit éviter une rupture industrielle

Un démonstrateur n’est pas un prototype de série. Il sert à tester les technologies les plus risquées avant de figer les caractéristiques de l’appareil opérationnel.

Il peut valider une nouvelle géométrie furtive, des entrées d’air, une motorisation, des commandes de vol, des matériaux absorbant les ondes radar ou des systèmes d’évacuation thermique. Il peut aussi servir à expérimenter la coopération entre un pilote, une intelligence artificielle et plusieurs drones.

Ce démonstrateur répond à une urgence industrielle. Sans projet de nouvelle cellule, les bureaux d’études français risqueraient de perdre progressivement les compétences acquises avec les Mirage, le Rafale et le nEUROn.

Une compétence aéronautique ne se conserve pas dans une archive. Elle se maintient par la conception, les essais et la résolution de problèmes concrets. Une interruption de quinze ou vingt ans pourrait rendre la reconstruction d’une filière beaucoup plus coûteuse.

Le « Super Rafale » serait en réalité un nouvel avion

Le nom est accrocheur, mais techniquement trompeur. Un appareil doté d’une forte furtivité de forme et de soutes à armements internes ne serait pas une simple évolution du Rafale.

Le Rafale F5 conservera l’architecture générale du Rafale. Il recevra de nouveaux calculateurs, des moyens de communication plus puissants, une guerre électronique améliorée, de nouvelles armes et la capacité de commander des drones. Sa cellule restera cependant fondée sur un avion conçu dans les années 1980.

Transformer cette cellule en véritable appareil furtif imposerait de modifier sa structure profonde. Il faudrait redessiner le fuselage, les entrées d’air, les dérives, les surfaces de contrôle et la disposition des équipements internes.

À ce stade, le « Super Rafale » serait donc plutôt un successeur du Rafale partageant certains éléments de son écosystème.

Les soutes internes imposeraient une nouvelle architecture

Le Rafale transporte ses missiles, ses bombes et ses réservoirs sur des points d’emport extérieurs. Cette disposition facilite la maintenance et offre une charge utile importante. Elle augmente toutefois la traînée et la signature radar.

Une soute interne permet de dissimuler les armes dans le fuselage. Les formes de l’avion restent plus régulières. Les angles capables de réfléchir fortement les ondes radar sont réduits. La traînée diminue également lorsque l’appareil vole en configuration de pénétration.

Les avantages sont réels. Ils ne sont pas gratuits.

Une soute occupe un volume considérable. Elle exige des portes, des mécanismes d’éjection et des dispositifs de sécurité. Elle doit supporter des contraintes thermiques, vibratoires et aérodynamiques sévères. Son ouverture peut temporairement augmenter la signature radar de l’appareil.

Elle limite aussi la taille des armes transportées en configuration furtive. Un missile de croisière lourd ou une arme nucléaire future peut nécessiter une soute particulièrement longue. L’alternative consiste à conserver des emports extérieurs pour certaines missions, au prix d’une dégradation de la furtivité.

Aucun document officiel ne confirme encore la configuration des soutes du futur chasseur français. Leur présence paraît logique pour un appareil de sixième génération. Elle ne doit pas être présentée comme une caractéristique définitivement choisie.

Le Rafale F5 formera le premier étage du nouveau système

Le Rafale F5 n’est pas un simple programme d’attente. Il doit préparer une partie des technologies qui seront nécessaires à l’après-Rafale.

Son entrée en service, initialement annoncée autour de 2030, est désormais envisagée vers 2033 dans les documents budgétaires les plus récents. Au moins 47 Rafale français devraient être portés à ce standard à l’horizon 2035.

Le F5 doit recevoir une architecture informatique profondément modernisée. Il devra traiter davantage de données, échanger des informations à haut débit et coordonner des effecteurs déportés. Il emportera le futur missile nucléaire ASN4G et de nouvelles armes destinées à supprimer les défenses aériennes ou à frapper des objectifs navals.

Une nouvelle version du moteur M88 est également envisagée. Le projet T-REX de Safran vise une poussée proche de 9 tonnes, contre environ 7,5 tonnes pour la version actuelle. Cette augmentation doit améliorer la capacité d’emport, l’accélération et les performances en interception.

Le futur chasseur national pourrait reprendre une partie des technologies développées pour le F5. Il pourrait partager ses protocoles de communication, certains logiciels, ses armes et des briques de guerre électronique.

Cette continuité réduirait les risques. Elle ne transformerait pas pour autant le Rafale F5 en avion furtif de sixième génération.

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Le drone de combat fera le lien entre les deux générations

Dassault Aviation développe parallèlement un drone de combat furtif destiné à accompagner le Rafale F5. Les premières expérimentations sont désormais prévues autour de 2028. Le texte parlementaire vise un démonstrateur opérationnel à l’horizon 2035.

Ce programme doit bénéficier de l’expérience du nEUROn. Ce démonstrateur européen piloté par Dassault a réalisé plus de 170 vols et expérimenté la furtivité, le vol autonome et le tir d’un armement depuis une soute interne.

Le nouveau drone sera plus qu’un leurre volant. Il pourra effectuer des missions de reconnaissance, de brouillage, de désignation de cibles ou d’attaque. Il pourra également transporter des armes afin d’augmenter la puissance de feu disponible sans exposer systématiquement un équipage.

La combinaison Rafale F5, drone furtif et futur chasseur national permettrait une transition progressive. Le F5 resterait le centre de commandement. Le drone prendrait en charge les tâches les plus dangereuses. Le nouvel avion apporterait ensuite davantage de portée, de furtivité et de puissance de calcul.

Le budget réel dépasse largement le prix d’un avion

Aucun budget public détaillé n’existe encore pour le futur chasseur national. Les chiffres précis avancés à ce stade relèvent donc de l’hypothèse.

Le coût doit être décomposé. Il faut financer le démonstrateur, puis le développement de l’avion opérationnel. Il faut aussi concevoir le moteur, le radar, la guerre électronique, le système de communication et les logiciels. Viennent ensuite les drones, le cloud de combat, les armements, les simulateurs et les infrastructures.

La phase 1B du SCAF représentait 3,2 milliards d’euros pour environ trois ans et demi de travaux partagés entre la France, l’Allemagne et l’Espagne. Elle portait surtout sur les études et la réduction des risques. Elle ne finançait pas l’ensemble du développement ni la production.

Avant la rupture, les autorisations d’engagement françaises prévues pour le SCAF atteignaient 1,2 milliard d’euros en 2026, avec 454 millions d’euros de crédits de paiement. Ces montants montrent l’ampleur de l’effort nécessaire avant même la construction d’une flotte.

Un rapport du Sénat avait estimé le coût total du SCAF entre 50 et 80 milliards d’euros. D’autres évaluations publiques ont approché 100 milliards d’euros, selon le périmètre retenu et la prise en compte de la production.

Ces estimations ne peuvent pas être directement transférées au projet français. Elles fournissent néanmoins un ordre de grandeur. Un avion de sixième génération complet ne se finance pas avec quelques milliards.

Le coût national pourrait atteindre plusieurs milliards par an

Une enveloppe de 50 à 80 milliards d’euros répartie sur vingt ans représenterait une dépense moyenne de 2,5 à 4 milliards d’euros par an. Cette moyenne masque une montée en puissance progressive, suivie de pics lors des essais, de l’industrialisation et des premières commandes.

La France ne paierait pas nécessairement seule la totalité. Elle pourrait ouvrir le programme à la Suède, à la Belgique, à l’Inde, aux Émirats arabes unis ou à d’autres partenaires. Elle pourrait aussi séparer les coopérations. Un pays participerait au moteur. Un autre financerait un drone ou un armement.

Cette méthode réduirait l’exposition budgétaire. Elle éviterait aussi de recréer la gouvernance rigide qui a paralysé le SCAF.

Le défi reste considérable. La France doit simultanément financer la dissuasion nucléaire, le porte-avions PA-Ng, les sous-marins nucléaires, les missiles, la défense aérienne, les satellites et le renouvellement des équipements terrestres.

Le futur chasseur devra donc être arbitré face à des besoins immédiatement opérationnels. Chaque milliard consacré à sa préparation ne sera pas disponible pour acheter des munitions, des drones tactiques ou des systèmes de défense sol-air.

Les drones ne rendent pas le chasseur piloté inutile

La guerre en Ukraine a démontré l’efficacité des drones. Elle a aussi montré leurs limites.

Les drones bon marché sont excellents pour la reconnaissance, la saturation et l’attaque de cibles proches du front. Ils peuvent être produits en grand nombre. Leur perte reste acceptable.

Un appareil destiné à pénétrer plusieurs centaines ou plusieurs milliers de kilomètres dans un espace défendu répond à une autre logique. Il doit résister au brouillage, gérer des capteurs complexes, employer des armes de grande valeur et s’adapter à une situation imprévue.

Les communications peuvent être interrompues. Les satellites peuvent être brouillés. Les liaisons de données peuvent révéler une position. Un drone fortement autonome doit alors prendre des décisions sans recevoir d’instructions constantes.

Cette autonomie pose des difficultés techniques, juridiques et politiques. Un algorithme peut identifier une menace probable. Il reste plus difficile de lui déléguer une décision complexe dans un environnement ambigu, surtout lorsqu’une arme nucléaire ou une frappe stratégique est concernée.

Le pilote conserve donc un rôle de commandement. Il ne doit toutefois plus accomplir seul toutes les tâches.

Le bon modèle associe l’équipage et la masse autonome

Le débat entre avion piloté et drone est mal posé. Les grandes puissances ne choisissent pas l’un contre l’autre. Elles construisent des ensembles mixtes.

L’appareil habité fournit les capteurs principaux, la puissance de calcul, le commandement et la décision. Les drones étendent son rayon de détection. Ils brouillent les radars adverses, transportent des missiles ou attirent les défenses antiaériennes.

Cette architecture permet de ne pas risquer systématiquement un avion valant plusieurs centaines de millions d’euros et un pilote formé pendant plusieurs années.

Elle permet aussi d’augmenter la masse. Une force de 100 chasseurs peut produire davantage d’effets si chacun contrôle plusieurs plateformes autonomes.

La France doit donc financer l’avion et ses drones, et non choisir entre les deux. C’est précisément ce qui rend l’équation budgétaire difficile.

Les autres puissances conservent toutes un avion piloté

Les États-Unis ont attribué à Boeing le développement du F-47 dans le cadre du programme Next Generation Air Dominance. Ce chasseur piloté doit opérer avec des Collaborative Combat Aircraft autonomes.

L’U.S. Air Force teste déjà plusieurs modèles de drones accompagnateurs. Elle recherche une combinaison entre un petit nombre d’avions très performants et une flotte plus nombreuse de plateformes moins coûteuses.

Le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon poursuivent la même logique avec le Global Combat Air Programme. Leur futur appareil piloté doit entrer en service autour de 2035 et travailler avec des drones collaboratifs. Le Japon a inscrit 160,2 milliards de yens à son budget 2026 pour le développement du chasseur, auxquels s’ajoutent 4,8 milliards de yens pour les drones associés.

L’Allemagne a lancé, après la rupture du SCAF, une initiative industrielle baptisée Team Gen 6 autour d’Airbus, MTU Aero Engines, Hensoldt et MBDA Deutschland. Berlin examine également un éventuel rapprochement avec le GCAP. L’Italie s’est déclarée ouverte à cette possibilité.

L’Espagne cherche à préserver les compétences acquises dans les capteurs, les communications et le combat collaboratif. Son avenir pourrait passer par un rapprochement avec l’Allemagne ou par une participation à une architecture européenne moins centralisée.

La Chine expérimente de son côté de grandes plateformes furtives sans empennage et développe une gamme étendue de drones de combat. Les caractéristiques exactes de ses nouveaux appareils ne sont pas publiques. Leur observation confirme toutefois que Pékin ne renonce pas au chasseur habité.

Le constat international est cohérent. Aucune grande puissance ne mise uniquement sur les drones pour assurer la supériorité aérienne à long terme.

La souveraineté industrielle aura un prix politique

La France possède une base industrielle exceptionnelle. Dassault Aviation sait concevoir une cellule et des commandes de vol. Safran maîtrise les moteurs. Thales fournit les radars, l’optronique et une partie de la guerre électronique. MBDA développe les armements.

Cette compétence rend un programme national techniquement crédible. Elle ne le rend pas automatiquement finançable.

Le risque principal serait de lancer un avion trop ambitieux, puis d’étaler son financement jusqu’à perdre l’avantage technologique recherché. Le second danger serait de sacrifier la quantité au profit d’une plateforme remarquable mais disponible en nombre insuffisant.

Un chasseur de sixième génération ne peut pas devenir un monument industriel isolé. Il doit être accompagné de stocks de missiles, de drones nombreux, d’avions ravitailleurs, de satellites et de moyens de maintenance.

La décision française est donc pertinente si elle vise à conserver une liberté de conception et à éviter une dépendance étrangère. Elle devient contestable si la souveraineté est réduite à la production d’un avion prestigieux sans masse opérationnelle autour de lui.

La question n’est plus de savoir si Dassault peut dessiner l’après-Rafale. L’industriel en est capable. La véritable interrogation est de savoir si l’État acceptera de consacrer plusieurs milliards d’euros par an, pendant près de vingt ans, à l’ensemble du système et pas seulement à sa pièce maîtresse.

Les sources

Assemblée nationale, texte de la commission mixte paritaire sur l’actualisation de la programmation militaire pour les années 2024 à 2030, 23 juin 2026.

Sénat, projet de loi actualisant la programmation militaire, rapport de commission mixte paritaire numéro 777, juin 2026.

Sénat, rapport sur l’actualisation de la Loi de programmation militaire 2024-2030, mai 2026.

Sénat, rapport « 2040, l’odyssée du SCAF », juillet 2020.

Assemblée nationale, avis budgétaire sur le programme Équipement des forces pour 2026, octobre 2025.

Ministère des Armées, « Rafale standard F5 : premières commandes notifiées aux industriels », octobre 2024.

Ministère des Armées, « Rafale standard F5 : à la pointe de la technologie », juin 2025.

Dassault Aviation, rapports annuels et communications relatives au SCAF, au Rafale F5 et au démonstrateur nEUROn.

U.S. Air Force, « Air Force Awards Contract for Next Generation Air Dominance Platform F-47 », mars 2025.

Ministry of Defense of Japan, « Progress and Budget in Fundamental Reinforcement of Defense Capabilities, FY2026 », décembre 2025.

Ministerio de Defensa de España, présentation des programmes NGWS et FCAS, 2025.

Le Monde, « SCAF : Paris et Berlin abandonnent le projet d’avion de combat franco-allemand », 8 juin 2026.

Reuters, déclarations d’Éric Trappier sur l’avenir du SCAF, avril 2026.

International Institute for Strategic Studies, analyse de l’arrêt du chasseur SCAF, juin 2026.

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