La Belgique promet dix F-16 à l’Ukraine d’ici la fin de 2026

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Bruxelles promet dix F-16 à Kyiv avant fin 2026. Missions, formation, disponibilité et remplacement par les F-35 : les enjeux de ce transfert.

En résumé

La Belgique s’engage à transférer dix avions de chasse F-16 à l’Ukraine avant fin 2026, selon une annonce du Premier ministre Bart De Wever, le 15 octobre. Cette décision accélère un programme longtemps retardé par la livraison des F-35A américains destinés à remplacer les chasseurs belges.

En juin, Bruxelles prévoyait sept appareils, dont trois opérationnels et quatre destinés aux pièces détachées. La répartition des dix avions désormais annoncés reste à préciser.

Ces F-16 doivent renforcer la défense aérienne ukrainienne face aux drones russes à réaction et aux missiles de croisière. Leur canon de 20 mm présente notamment un intérêt contre des cibles pour lesquelles l’emploi de missiles air-air coûteux n’est pas toujours pertinent.

Leur efficacité dépendra toutefois de la disponibilité des pilotes, des techniciens, des munitions et des infrastructures. Pour la Belgique, ce transfert accompagne une transition délicate vers le F-35, sans compromettre ses obligations envers l’OTAN.

La Belgique accélère un transfert longtemps retardé

Le 15 octobre 2026, à Bruxelles, le Premier ministre Bart De Wever a annoncé la livraison de dix F-16 à l’Ukraine avant le 31 décembre. Cette déclaration intervient après une rencontre avec le président Volodymyr Zelenskyy, en marge du sommet européen.

L’engagement marque une accélération sensible. En mai 2024, la Belgique avait promis 30 chasseurs à l’Ukraine d’ici 2028. Leur transfert devait suivre le retrait progressif des F-16 belges, remplacés par des Lockheed Martin F-35A.

Le 18 juin 2026, le ministre de la Défense Theo Francken annonçait une première livraison de sept appareils : trois avions aptes au combat et quatre destinés aux pièces détachées. Le 29 septembre, Zelenskyy confirmait l’accélération du transfert des trois appareils opérationnels.

Le nouvel objectif de dix avions constitue donc une augmentation du volume annoncé, mais Bruxelles n’a pas précisé combien pourront voler. Un F-16 livré pour être démonté ne représente pas une capacité de combat supplémentaire. Il permet néanmoins de maintenir d’autres appareils en état de voler, ce qui constitue un apport essentiel.

Les F-16 belges renforceront la défense aérienne ukrainienne

Les appareils concernés appartiennent à la famille des F-16A/B modernisés dans le cadre du programme Mid-Life Update (MLU). Cette modernisation a prolongé leur utilisation grâce à des améliorations de l’avionique, des systèmes de mission et de l’intégration des armements.

Le Lockheed Martin F-16 Fighting Falcon est un chasseur multirôle capable d’assurer l’interception aérienne, l’attaque au sol et certaines missions de suppression des défenses ennemies.

En Ukraine, sa mission prioritaire reste la protection du territoire contre les attaques aériennes russes.

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Le canon de 20 mm devient une arme contre les drones rapides

L’évolution des drones militaires russes modifie les besoins ukrainiens. Les modèles à réaction, plus rapides que les Shahed à moteur à pistons, réduisent le temps disponible pour détecter et engager une cible.

Le F-16 dispose d’un canon rotatif M61A1 Vulcan de 20 mm, alimenté par des munitions de 20 × 102 mm. Il peut également employer des missiles AIM-9 Sidewinder et AIM-120 AMRAAM, selon la configuration de l’appareil et les armements disponibles.

Le canon permet d’engager certains drones sans consommer un missile air-air. Mais son emploi exige une approche rapprochée, une solution de tir précise et une prise en compte des débris susceptibles de retomber au sol.

Bart De Wever a évoqué la fourniture de munitions de 20 mm produites par FN Herstal. Cette possibilité reste à concrétiser.

Les F-16 peuvent également intercepter des missiles de croisière. En revanche, ils ne constituent pas une réponse adaptée à l’ensemble des missiles balistiques russes, qui nécessitent des systèmes antimissiles spécialisés.

La formation des Ukrainiens conditionne l’emploi des appareils

La livraison d’un avion ne signifie pas sa disponibilité immédiate au combat.

Depuis 2023, la Belgique participe à la coalition internationale chargée de former les personnels ukrainiens au F-16. En mars 2024, elle avait notamment envoyé environ 50 militaires et deux F-16 au Danemark pour une mission de formation de huit semaines.

Cette coopération concerne les pilotes, les mécaniciens et les planificateurs de missions. Les Ukrainiens sont également formés au European F-16 Training Center, à Fetești, en Roumanie, où l’entraînement combine théorie, simulateurs et vols réels.

La maîtrise de l’appareil représente seulement une première étape. Les équipages doivent apprendre les procédures d’interception, les communications tactiques et l’emploi coordonné des armements.

La maintenance constitue une autre contrainte. Chaque F-16 nécessite des inspections régulières, des pièces de rechange et des équipes qualifiées pour assurer sa remise en ligne.

Le calendrier annoncé au 31 décembre concerne donc le transfert des appareils, pas nécessairement leur entrée immédiate en service opérationnel. Aucune date publique précise n’a été communiquée pour les premières missions des dix avions annoncés.

Le remplacement des F-16 par les F-35 détermine le calendrier belge

La Belgique doit simultanément moderniser son aviation de combat et conserver les moyens nécessaires à ses missions nationales et alliées.

Les premiers F-35A Lightning II ont rejoint Florennes en octobre 2025. Trois appareils supplémentaires sont arrivés le 25 septembre 2026, portant à sept le nombre de F-35A présents sur le territoire belge. Huit autres étaient alors stationnés aux États-Unis pour la formation.

La Belgique avait initialement commandé 34 F-35A en 2018. Son objectif de flotte a ensuite été porté à 45 appareils, avec onze exemplaires supplémentaires prévus.

Cette transition ne se résume pas au remplacement d’un avion par un autre. Elle impose de former les pilotes, qualifier les mécaniciens, adapter les bases et valider progressivement les capacités opérationnelles.

Les F-16 assurent encore des missions essentielles, notamment l’alerte aérienne permanente et les engagements de police du ciel de l’OTAN. En août 2026, quatre appareils belges participaient ainsi à la surveillance de l’espace aérien islandais.

Le retrait des anciens chasseurs doit donc rester synchronisé avec la montée en puissance des F-35. C’est précisément cette contrainte qui avait retardé les transferts vers l’Ukraine.

Le véritable enjeu sera le nombre d’avions disponibles au combat

Pour Kyiv, dix cellules supplémentaires représentent une ressource importante. Elles ne correspondent toutefois pas automatiquement à dix chasseurs capables d’effectuer des missions quotidiennes.

Le résultat dépendra du nombre d’appareils réellement opérationnels, de leur état technique, des stocks de munitions et de la capacité des équipes ukrainiennes à les maintenir disponibles.

Pour Bruxelles, l’opération constitue un exercice d’équilibre. La Belgique veut accélérer son soutien militaire sans fragiliser sa propre défense aérienne pendant le passage au F-35.

La question déterminante, à la fin de 2026, sera donc moins celle du nombre de F-16 transférés que celle des avions effectivement capables de décoller, d’intercepter une menace et de renouveler leurs missions. C’est sur cette capacité durable que se mesurera l’impact militaire du transfert belge.

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