La Russie déverse un déluge record de bombes sur l’Ukraine en Janvier

Russie vs Ukraine

En janvier 2026, l’armée russe a largué un nombre record de bombes guidées sur l’Ukraine, marquant une escalade dramatique dans sa campagne aérienne contre les infrastructures et les positions militaires ukrainiennes.

En résumé

La Russie a largué environ 5 500 bombes guidées sur l’Ukraine en janvier 2026, accompagnées de plus de 6 000 drones d’attaque et 158 missiles. Cette intensification sans précédent de la campagne aérienne russe cible principalement les infrastructures énergétiques, les voies ferrées et les zones urbaines. Les bombardiers Su-34 et Su-35 lancent ces munitions équipées de kits de guidage UMPK depuis des altitudes de 10 000 à 13 000 mètres, hors de portée de nombreux systèmes de défense aérienne ukrainiens. Les pertes civiles ont augmenté de 31 pour cent par rapport à 2024, avec 2 514 civils tués en 2025. La capacité de production électrique de l’Ukraine est tombée à 14 gigawatts, soit seulement 60 pour cent des besoins du pays.

Le déferlement des bombes planantes russes

Les chiffres communiqués par le président ukrainien Volodymyr Zelensky révèlent l’ampleur de l’offensive aérienne. En janvier 2026, la Russie a utilisé environ 5 500 bombes aériennes guidées contre l’Ukraine. Ces munitions s’ajoutent à plus de 6 000 drones d’attaque de type Shahed et 158 missiles de différents types. Durant la seule semaine précédant la fin janvier, Moscou a déployé plus de 980 drones d’attaque, près de 1 100 bombes guidées et deux missiles.

Les forces russes maintiennent une cadence de bombardement inédite. Le 19 janvier 2026, une seule journée a vu le largage de 204 bombes aériennes guidées de type KAB, accompagnées de 7 518 drones kamikazes. Cette intensité représente plus de cinq drones par minute et démontre la stratégie russe d’usure par saturation.

Les bombes guidées constituent désormais l’arme privilégiée de Moscou. Ces munitions, désignées sous l’acronyme KAB ou équipées du module de guidage UMPK, transforment d’anciennes bombes soviétiques en armements de précision modernes. La Russie convertit ses stocks massifs de bombes FAB-500 (500 kilogrammes) et FAB-1500 (1 500 kilogrammes) en armes planantes capables de parcourir entre 60 et 90 kilomètres après leur largage.

Les plateformes aériennes et la tactique d’altitude

Les bombardiers Su-34 constituent la colonne vertébrale de cette campagne aérienne. Ces appareils biplaces décollent d’aérodromes situés en territoire russe et montent à des altitudes comprises entre 10 000 et 13 000 mètres avant de larguer leurs munitions. Cette tactique permet aux avions russes d’opérer hors de portée de la plupart des systèmes de défense antiaérienne ukrainiens de courte et moyenne portée.

Chaque Su-34 peut transporter jusqu’à quatre bombes guidées par sortie. Les appareils larguent généralement leurs munitions à une distance de 35 à 50 kilomètres des lignes de front, bien que cette portée puisse s’étendre davantage lors de largages à haute altitude. Les chasseurs Su-35 escortent fréquemment les Su-34, assurant la supériorité aérienne et fournissant une couverture radar longue portée.

La flotte russe de Su-34 compte entre 150 et 180 appareils opérationnels en début 2026, malgré la perte documentée d’au moins 41 avions depuis février 2022. Rostec, le conglomérat industriel russe, affirme maintenir une production continue pour compenser l’attrition et soutenir l’effort de guerre. L’usine de Novossibirsk livre régulièrement de nouveaux lots d’appareils.

Le Su-34 Fullback mesure 23 mètres de long et possède une envergure de 15 mètres. Propulsé par deux moteurs Saturn AL-31F générant chacun 122,5 kilonewtons de poussée avec postcombustion, il atteint une vitesse maximale de Mach 1,8. Son radar à réseau phasé Leninets V004 peut suivre dix cibles à des distances allant jusqu’à 150 kilomètres. Le cockpit blindé et la suite de contre-mesures électroniques Khibiny offrent une protection contre les défenses antiaériennes.

La technologie des bombes planantes

Les bombes FAB-500 contiennent 213 kilogrammes d’explosif PBXN-109. Elles mesurent environ 2,13 mètres de longueur pour un diamètre de 36 centimètres. Leur rayon destructeur dépasse 30 mètres contre le personnel et les infrastructures légères. Équipées du kit UMPK, elles atteignent une portée plongeante de 70 kilomètres avec une précision comparable aux munitions guidées modernes.

Les FAB-1500 représentent l’armement le plus lourd de cette catégorie. Ces bombes de 1 500 kilogrammes transportent près de 675 kilogrammes d’explosif. Elles creusent des cratères de 15 mètres de diamètre et anéantissent les fortifications. Un soldat ukrainien de la 46e brigade aéromobile témoigne que les FAB-1500 constituent un enfer pour les défenseurs, provoquant des commotions cérébrales même chez les survivants et exerçant une pression psychologique considérable.

Le module UMPK coûte environ 20 000 dollars. Cette conversion économique permet à la Russie d’exploiter ses vastes stocks de munitions non guidées datant de l’époque soviétique. Le kit comprend des ailes rétractables et un système de guidage satellite qui corrige la trajectoire pendant le vol plané. Par rapport aux missiles de croisière coûtant plusieurs millions de dollars, les bombes guidées représentent une solution d’armement à coût réduit.

En début 2025, la Russie larguait déjà environ 3 500 bombes équipées d’UMPK par mois, soit plus de 100 par jour sur l’ensemble du front. Cette cadence a continué de s’intensifier tout au long de l’année 2025 et en janvier 2026.

Les cibles et les conséquences humanitaires

Les infrastructures énergétiques constituent la cible prioritaire de cette campagne de bombardement. La Russie vise systématiquement les centrales électriques, les sous-stations et les réseaux de distribution. Le ministre ukrainien de l’Énergie Denys Shmyhal confirme que toutes les installations de production d’électricité du pays ont été frappées au moins une fois depuis février 2022.

La capacité de production électrique de l’Ukraine est tombée de 33,7 gigawatts au début de l’invasion à environ 14 gigawatts en janvier 2026. Le réseau ne couvre plus que 60 pour cent des besoins nationaux. Des coupures de courant pouvant durer jusqu’à quatre jours affectent certaines régions. Kiev subit des pannes atteignant 16 heures par jour.

Cette stratégie d’attrition énergétique intervient en plein hiver, lorsque les températures descendent jusqu’à moins 20 degrés Celsius. Des millions d’Ukrainiens se retrouvent sans électricité, sans chauffage et sans eau courante. Les immeubles résidentiels, particulièrement les tours d’habitation dans les grandes villes, deviennent inhabitables quand les températures intérieures chutent à des niveaux dangereux.

Les frappes aériennes ne se limitent pas aux infrastructures. Les forces russes bombardent également les zones résidentielles, les centres de commandement militaire, les dépôts de munitions et les lignes logistiques. Les villes de Kharkiv, Zaporizhzhia, Odessa et Dnipro subissent des bombardements réguliers. Les localités proches du front comme Pokrovsk, Huliaipole, Gulyaipole et Kostiantynivka endurent un déluge de feu quotidien.

Le bilan humain et les pertes civiles

L’année 2025 a été la plus meurtrière pour les civils ukrainiens depuis 2022. La Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine a vérifié 2 514 civils tués et 12 142 blessés en 2025, soit une augmentation de 31 pour cent par rapport à 2024. Ces chiffres représentent une hausse de 70 pour cent comparé à 2023.

La vaste majorité de ces victimes, soit 97 pour cent, est survenue en territoire contrôlé par le gouvernement ukrainien à la suite d’attaques lancées par les forces russes. Les armes à longue portée ont causé 35 pour cent des victimes civiles en 2025, avec 682 morts et 4 443 blessés, marquant une augmentation de 65 pour cent par rapport à 2024.

Les personnes âgées paient un tribut particulièrement lourd. Les individus de 60 ans et plus représentent plus de 45 pour cent des civils tués dans les zones proches du front en 2025, alors qu’ils ne constituent que 25 pour cent de la population nationale. Ces personnes restent souvent dans les villages de première ligne faute de moyens d’évacuation.

L’attaque la plus meurtrière de 2025 s’est produite le 19 novembre à Ternopil, dans l’ouest de l’Ukraine. Des armes à longue portée russes ont tué au moins 38 civils, dont huit enfants. Dix familles ont perdu au moins deux membres chacune. Au moins 99 autres personnes, dont 17 enfants, ont été blessées.

Le 8 janvier 2026, une frappe massive contre Kiev a tué au moins quatre personnes et blessé environ 25 autres. Les victimes incluaient un ambulancier qui sauvait d’autres personnes dans le cadre d’une équipe de secours d’urgence. Quatre travailleurs de santé ont été blessés et trois ambulances endommagées.

La situation militaire sur le terrain

Les pertes militaires atteignent des niveaux sans précédent. Le Centre d’études stratégiques et internationales estime que la Russie a subi 1,2 million de pertes, incluant jusqu’à 325 000 morts, entre février 2022 et décembre 2025. L’Ukraine, avec son armée et sa population plus réduites, a enregistré entre 500 000 et 600 000 pertes, dont jusqu’à 140 000 morts.

Le nombre total de victimes des deux côtés pourrait atteindre 1,8 million et franchir le cap des 2 millions d’ici le printemps 2026. Ces chiffres font de la guerre en Ukraine le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Aucune grande puissance n’a subi un tel nombre de pertes militaires dans un conflit depuis 1945.

Les forces russes progressent lentement mais régulièrement. L’analyse des données de l’Institut pour l’étude de la guerre montre que la Russie a gagné 79 miles carrés de territoire ukrainien entre le 16 décembre 2025 et le 13 janvier 2026. En 2025, le rythme moyen mensuel des gains russes s’élevait à 171 miles carrés.

La Russie contrôle actuellement environ 116 250 kilomètres carrés de territoire ukrainien, soit 19,26 pour cent du pays. Cette superficie équivaut approximativement à l’État américain de l’Ohio. Depuis le 24 février 2022, Moscou a conquis 29 028 miles carrés de territoire ukrainien supplémentaire, soit environ 12 pour cent du pays.

Les combats se concentrent dans les oblasts de Donetsk et Zaporizhzhia. L’avancée russe dans l’oblast de Zaporizhzhia menace désormais des villages situés à seulement sept kilomètres de la capitale régionale, une ville de 670 000 habitants. Les forces russes exercent une pression particulière sur Pokrovsk, un carrefour logistique clé, et sur Huliaipole, une position stratégique dans le sud.

Le 19 janvier 2026, l’état-major ukrainien a rapporté 165 affrontements en 24 heures. Les secteurs de Pokrovsk et Huliaipole ont enregistré la plus forte concentration de combats. Les défenseurs ukrainiens ont repoussé 44 assauts russes ce jour-là. Les forces russes ont effectué 4 124 tirs d’artillerie et de mortier, dont 74 provenant de lance-roquettes multiples.

Russie vs Ukraine

Les défis de la défense antiaérienne ukrainienne

L’Ukraine dispose de capacités de défense aérienne améliorées mais insuffisantes pour contrer cette menace. Les systèmes Patriot fournis par les États-Unis possèdent une portée de 160 kilomètres contre les cibles aérodynamiques. Ces batteries ont abattu plusieurs Su-34 et Su-35 russes, notamment trois Su-34 en décembre 2024 dans la région de Kherson.

Le porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne Yuri Ihnat explique que la défense antiaérienne se renforce, mais reste insuffisante. Les avions russes ne s’approchent pas autant qu’ils le souhaiteraient des lignes de front, mais davantage de systèmes de défense à longue portée seraient nécessaires pour abattre ces appareils à des distances plus importantes.

La guerre électronique constitue la contre-mesure la plus efficace contre les bombes planantes. Le système Pokrova et d’autres brouilleurs spécialisés se sont révélés capables de dégrader la précision des UMPK. L’utilisation généralisée par l’Ukraine de la dispersion et du camouflage complique les efforts russes pour obtenir des coordonnées de cibles précises et actualisées.

Les défenseurs ukrainiens tentent également d’intercepter les bombes en vol. Le 16 janvier 2026, les systèmes de défense aérienne ont abattu 31 bombes guidées, 21 projectiles HIMARS et trois missiles Neptune. Cependant, le volume de munitions russes dépasse largement les capacités d’interception disponibles.

L’arrivée des F-16 occidentaux devrait accroître la pression sur l’armée de l’air russe. Ces chasseurs permettront aux forces ukrainiennes de contester plus efficacement la supériorité aérienne russe et de cibler les plateformes de lancement de bombes. Même sans obtenir de victoires air-air, la présence de F-16 obligera les avions russes à consacrer davantage de ressources à l’autodéfense, réduisant ainsi leur capacité à soutenir les opérations terrestres.

La production industrielle et l’effort de guerre russe

Rostec affirme maintenir une production continue d’avions de combat en mode 24 heures sur 24, sept jours sur sept. L’objectif affiché consiste à compenser les pertes et maintenir la pression sur l’Ukraine. Les déclarations officielles russes du 25 janvier 2026 ont mis en avant une production continue de Su-34 et Su-35.

United Aircraft Corporation a livré plusieurs lots de Su-34 tout au long de 2025, avec des livraisons en avril, juillet, août, septembre, octobre, novembre et décembre. Les responsables russes affirment que les nouveaux appareils incorporent des améliorations tirées du combat en Ukraine, avec des mises à jour destinées à améliorer la précision des frappes à distance.

La production réelle reste difficile à vérifier car Moscou ne publie plus de chiffres détaillés. Les évaluations de sources ouvertes suggèrent que l’armée de l’air russe exploite environ 150 à 180 Su-34 début 2026. Ce nombre reste relativement stable malgré les pertes documentées, indiquant que la production de Novossibirsk parvient à compenser l’attrition.

Les sanctions occidentales n’ont pas réussi à stopper cette production. La Russie continue d’accéder aux composants nécessaires, notamment pour les kits de guidage UMPK, et maintient ses chaînes d’assemblage en activité. Le terme 24/7 doit être compris comme un slogan de mobilisation industrielle décrivant une organisation en équipes successives et une priorité donnée au militaire sur le civil.

Cette guerre industrielle ne se joue pas uniquement sur la sophistication technologique. Elle dépend de la cadence quotidienne, de la capacité à produire, livrer et recommencer. La question centrale devient moins de savoir qui possède le meilleur avion que de déterminer qui peut maintenir le tempo le plus longtemps.

Sources

Ukrinform
Atlantic Council
Russia Matters
Center for Strategic and International Studies
UN Human Rights Monitoring Mission in Ukraine
The Economist
GlobalSecurity.org
CNN
Joint Air Power Competence Centre
Army Recognition
BBC Russian Service
Mediazona

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